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La mariée abandonnée dans la grotte aux serpents — mais son mariage cachait une vérité bien plus dangereuse

Élise ouvrit les yeux avec l’impression d’avoir été enterrée vivante.

Pendant quelques secondes, elle ne comprit ni où elle se trouvait, ni pourquoi son corps lui faisait si mal.

Puis elle sentit l’eau froide sous sa joue.

Une odeur de terre humide.

De la boue jusque dans ses cheveux.

Elle voulut se redresser, mais une douleur violente lui traversa le crâne.

Sa robe de mariée blanche était déchirée sur le côté, entièrement trempée et couverte de taches sombres.

Alors elle entendit un bruit.

Un glissement.

Lent.

Tout près d’elle.

Élise tourna légèrement la tête.

Un serpent noir avançait dans l’eau boueuse à moins d’un mètre de son visage.

Elle retint son souffle.

Puis elle en vit un deuxième.

Et un troisième.

Ses lèvres tremblèrent.

— À l’aide…

Sa voix n’était presque qu’un souffle.

Personne ne répondit.

Seulement le bruit régulier des gouttes tombant du plafond de la grotte.

Élise ferma les yeux.

Et les souvenirs revinrent.

La cérémonie.

Les fleurs blanches.

Les invités.

Son mari qui lui avait passé l’alliance au doigt.

Puis la réception.

Une dispute derrière la propriété.

Une main sur son épaule.

La portière d’une voiture.

Et enfin…

Un coup violent derrière la tête.

Après cela, plus rien.

Jusqu’à maintenant.

Élise essaya de bouger ses jambes.

Elle y parvint à peine.

Puis une lumière apparut à l’entrée de la grotte.

Trois silhouettes.

Des hommes.

Elle pensa d’abord que quelqu’un venait la sauver.

Mais lorsque les silhouettes s’approchèrent, son cœur se serra.

Elle reconnut le premier.

Adrien.

Son ancien fiancé.

L’homme qu’elle n’avait pas revu depuis presque deux ans.

Il avançait au centre, vêtu d’une chemise blanche et d’un gilet sombre.

À sa droite se trouvait Marc, qu’Élise connaissait vaguement comme ancien associé de son père.

Le troisième était un homme plus âgé.

Victor.

Un nom qu’elle avait entendu toute son enfance.

Un ami de la famille.

Mais jamais quelqu’un qu’elle aurait imaginé voir ici.

Marc aperçut Élise au sol.

— Mon Dieu… elle est encore vivante.

Victor regarda les serpents.

— Nous sommes arrivés trop tard.

Adrien serra les mâchoires.

— Non.

Il fixa Élise.

— Pas encore.

Elle sentit les larmes monter.

— Adrien…?

Il s’approcha.

Élise tenta de se redresser.

— Pourquoi… pourquoi es-tu ici ?

Adrien ne répondit pas.

Puis un souvenir lui revint.

La voiture.

Une silhouette masculine.

Une bague sombre sur une main.

Quelqu’un qui avait dit :

« Fais vite. On ne doit pas être vus. »

Élise regarda Adrien avec horreur.

— C’était toi ?

Il s’arrêta.

— Quoi ?

— Après la cérémonie…

Sa respiration s’accéléra.

— Quelqu’un m’a frappée.

Adrien fronça les sourcils.

— Élise—

— C’était toi ?

— Non.

— Alors pourquoi es-tu ici ?

Avant qu’il puisse répondre, un serpent se rapprocha dangereusement du visage d’Élise.

Elle le vit.

Son corps entier se raidit.

— Adrien…

Le serpent releva légèrement la tête.

— S’il te plaît…

Adrien s’avança brusquement.

Avec un mouvement rapide, il attrapa une longue branche morte près du mur et détourna l’animal.

Le serpent glissa plus loin.

Élise éclata en sanglots.

Adrien s’agenouilla près d’elle.

— Ne bouge pas.

— Pourquoi m’ont-ils laissée ici ?

Cette question changea son expression.

Pour la première fois, Élise vit de la peur dans ses yeux.

Pas de la colère.

Pas de la haine.

De la peur.

Adrien murmura :

— Parce qu’ils ont découvert qui tu es vraiment.

Élise resta immobile.

— Qui… je suis ?

Victor fit immédiatement un pas en avant.

— Adrien, ne lui dis rien.

Adrien tourna la tête vers lui.

— Elle a failli mourir.

— Ce n’est pas le moment.

— Alors quand ?

Victor baissa la voix.

— Quand nous serons sortis d’ici.

Élise regardait les trois hommes.

— De quoi vous parlez ?

Adrien se tourna vers elle.

— Ton mariage n’était pas un accident, Élise.

Elle fronça les sourcils.

— Quoi ?

— Ton mari savait exactement qui tu étais avant même de te rencontrer.

Le visage d’Élise se figea.

— Thomas ?

Adrien hocha la tête.

— Oui.

— C’est impossible.

— Il t’a approchée exprès.

Élise secoua la tête.

— Non. Nous nous sommes rencontrés à un dîner.

— Organisé par lui.

— Tu mens.

— J’aimerais.

Victor intervint :

— Adrien, ça suffit.

Mais Adrien continua.

— Thomas ne voulait pas seulement t’épouser.

Élise sentit son cœur battre plus fort.

— Alors qu’est-ce qu’il voulait ?

Adrien regarda Victor.

Puis Marc.

Aucun des deux ne répondit.

Enfin, il dit :

— Ton héritage.

Élise eut presque un rire.

— Quel héritage ?

— Celui que ton père t’a caché.

Elle se figea.

— Mon père est mort quand j’avais huit ans.

Victor détourna le regard.

Adrien resta silencieux.

Élise comprit immédiatement que quelque chose n’allait pas.

— Quoi ?

Personne ne répondit.

— Qu’est-ce que vous ne me dites pas ?

Victor finit par parler.

— Ton père n’était pas l’homme que tu croyais.

Élise sentit le froid de la grotte devenir soudain plus intense.

— Expliquez-vous.

Victor regarda Adrien comme s’il attendait qu’il prenne la parole.

Adrien inspira.

— L’homme qui t’a élevée n’était pas ton père biologique.

Élise resta sans voix.

— Non.

— Élise—

— Non.

Elle recula légèrement.

— Ma mère aurait été au courant.

— Elle l’était.

Cette phrase lui fit plus mal que le reste.

— Vous mentez.

Victor s’approcha.

— Ta mère t’a protégée.

Élise le regarda.

— De qui ?

Victor resta silencieux.

Adrien répondit à sa place.

— De ton véritable père.

Élise sentit une panique nouvelle monter en elle.

— Qui est-ce ?

Personne ne répondit.

Elle serra les poings dans la boue.

— Qui est mon père ?

Victor ferma les yeux.

Puis il murmura un nom.

— Gabriel Delcourt.

Élise resta figée.

Elle connaissait ce nom.

Tout le monde le connaissait.

Gabriel Delcourt avait été l’un des hommes les plus puissants du pays.

Industriel.

Propriétaire de domaines.

Disparu vingt-huit ans plus tôt dans des circonstances jamais complètement élucidées.

Élise secoua la tête.

— Non.

Adrien murmura :

— Si.

— C’est impossible.

— Tu es née quelques mois avant sa disparition.

— Et alors ?

Victor répondit :

— Avant de disparaître, Gabriel a placé une grande partie de sa fortune dans une structure privée.

Élise ne comprenait toujours pas.

— Quel rapport avec moi ?

Adrien la regarda.

— La clause était simple.

Il marqua une pause.

— Son héritier biologique recevrait tout à trente ans.

Élise devint livide.

— J’ai vingt-huit ans.

— Exactement.

Elle comprit enfin.

— Thomas savait.

Adrien hocha la tête.

— Depuis le début.

— Comment ?

Marc prit enfin la parole.

— Parce que sa famille cherchait l’héritier depuis des années.

Élise ferma les yeux.

Son mariage.

Ses cadeaux.

Les voyages.

Les mots d’amour.

Tout prenait soudain une autre couleur.

— Pourquoi m’épouser maintenant ?

Adrien répondit :

— Parce qu’en cas de décès avant tes trente ans…

Il s’arrêta.

Élise le fixa.

— Continue.

— Ton conjoint légal peut réclamer une partie des biens selon les dispositions prévues dans le trust.

Cette fois, Élise comprit tout.

Elle porta une main à sa bouche.

— Il voulait me tuer.

Adrien ne répondit pas.

Il n’en avait pas besoin.

Les larmes roulèrent sur les joues d’Élise.

— Le matin même de notre mariage…

Victor murmura :

— Oui.

Élise ferma les yeux.

Puis une pensée la frappa.

— Alors pourquoi m’abandonner ici ?

Marc regarda les serpents.

— Pour que ta mort ressemble à un accident.

Adrien secoua la tête.

— Pas exactement.

Tout le monde se tourna vers lui.

Victor fronça les sourcils.

— Qu’est-ce que tu veux dire ?

Adrien se releva lentement.

— Si Thomas voulait seulement la tuer, il aurait pu le faire ailleurs.

Élise le fixa.

— Alors pourquoi ici ?

Adrien regarda autour de lui.

La grotte.

L’eau.

Les serpents.

Puis le mur derrière Élise.

— Parce que cette grotte appartient à l’ancien domaine Delcourt.

Victor devint soudain très pâle.

— Adrien…

Il s’approcha d’un mur couvert de boue.

Puis il essuya une partie de la pierre avec sa manche.

Un symbole apparut.

Les mêmes initiales qu’Élise avait vues toute sa vie sur le pendentif de sa mère.

G.D.

Élise se figea.

— Qu’est-ce que c’est ?

Adrien murmura :

— Ils ne t’ont pas seulement amenée ici pour te tuer.

— Alors pourquoi ?

Victor sembla paniqué.

— Nous devons partir.

Adrien regarda Élise.

— Parce qu’ils cherchaient quelque chose.

— Quoi ?

Il désigna le mur.

— Quelque chose que ton père aurait caché ici avant de disparaître.

Élise regarda le symbole.

Puis, soudain, elle se souvint d’un détail.

Sa mère.

Quelques jours avant de mourir.

Une petite clé ancienne glissée dans une enveloppe.

Et une phrase qu’Élise n’avait jamais comprise :

« Si un jour quelqu’un te parle de la grotte, ne fais confiance à personne. »

Elle devint blanche.

Adrien remarqua immédiatement son expression.

— Élise ?

Elle ne répondit pas.

— Qu’est-ce qu’il y a ?

Elle porta lentement la main à son cou.

Sous la dentelle boueuse de sa robe, une petite chaîne était encore là.

Et au bout de cette chaîne…

une clé.

Victor la vit.

Son visage se décomposa.

— Impossible…

Adrien regarda la clé.

Puis Élise.

— Où as-tu eu ça ?

— Ma mère me l’a donnée avant de mourir.

Victor recula.

— Cache-la.

Trop tard.

Un bruit résonna à l’entrée de la grotte.

Des pas.

Plusieurs.

Marc se retourna.

— On n’est plus seuls.

Une voix masculine retentit dans l’obscurité.

— Élise ?

Elle cessa de respirer.

Elle connaissait cette voix.

Thomas.

Son mari.

Adrien se plaça immédiatement devant elle.

Une silhouette apparut à l’entrée de la grotte.

Puis une deuxième.

Puis une troisième.

Thomas avança lentement.

Son costume de mariage était encore impeccable.

Comme s’il venait simplement de quitter la réception.

Il regarda Élise.

Puis la clé autour de son cou.

Un sourire froid apparut sur son visage.

— Enfin.

Élise le fixa avec horreur.

— Tu voulais me tuer.

Thomas pencha légèrement la tête.

— Non.

Elle fronça les sourcils.

Il continua :

— Si j’avais voulu te tuer, tu serais morte depuis longtemps.

Adrien serra les poings.

— Ne t’approche pas d’elle.

Thomas l’ignora.

Ses yeux restèrent fixés sur Élise.

— Je voulais simplement que tu me conduises ici.

Élise recula.

— Pourquoi ?

Thomas regarda la clé.

— Parce que ta mère ne t’a jamais dit ce qu’elle ouvre.

Élise posa une main dessus.

— Qu’est-ce qu’elle ouvre ?

Thomas sourit.

Puis son regard se posa sur le mur marqué des initiales de Gabriel Delcourt.

— Pas un coffre.

Il fit encore un pas.

— Une porte.

Victor pâlit.

— Non…

Thomas le regarda.

— Vous saviez, n’est-ce pas ?

Victor ne répondit pas.

Élise murmura :

— Une porte vers quoi ?

Thomas fixa la paroi rocheuse derrière elle.

Puis il répondit :

— Vers la raison pour laquelle ton père a disparu.

Le silence envahit la grotte.

Élise regarda Victor.

Puis Adrien.

Puis Thomas.

Elle comprit alors que chacun d’eux connaissait une partie de son histoire.

Et qu’aucun ne lui avait encore dit toute la vérité.

Elle serra la petite clé dans sa main.

— Alors personne ne bouge.

Thomas sourit.

— Pourquoi ?

Élise se releva lentement malgré la douleur.

Sa robe blanche dégoulinait de boue.

Quelques minutes plus tôt, elle n’était qu’une mariée abandonnée et terrifiée.

Maintenant, son regard avait changé.

— Parce que cette clé est à moi.

Elle fixa son mari.

— Et si quelqu’un doit découvrir ce que mon père a caché…

Elle se tourna vers le mur.

— ce sera moi.

À cet instant, un mécanisme ancien claqua derrière la pierre.

Tout le monde se figea.

Une ligne apparut lentement dans le mur.

Puis la roche commença à s’ouvrir.

Et derrière elle, dans l’obscurité, une lumière rouge se mit à clignoter.

Sur un écran poussiéreux apparut une seule phrase :

ÉLISE, SI TU LIS CECI, C’EST QUE QUELQU’UN A DÉJÀ ESSAYÉ DE TE TUER.

Son visage devint livide.

Puis une vidéo commença.

Un homme apparut à l’écran.

Gabriel Delcourt.

Son père biologique.

Et ses premiers mots furent :

— Élise… ne fais surtout pas confiance à Victor.

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